
Un Apkallu, sage et innovateur de la mythologie mésopotamienne. Bas-relief du Musée du Louvre - Paris - Photo PN
« Pour faire de la France, le pays de l’innovation, créons un écosystème de l’innovateur »
Ce rapport préconise neuf orientations économiques et politiques pour lancer une grande politique française de l’innovation, fondée sur l’innovateur. Il redonne ainsi sa place à l’individu dans l’économie et la création de richesses. |
Pour une société de la connaissance
Une étude de la de la FONDATION CONCORDE (*)
Pour un changement de rythme dans les activités économiques - II
CRÉONS L’ECOSYSTEME DE L’INNOVATEUR
Pour un environnement propice à l’innovation
Dossier édité par la Fondation Concorde.
Un dossier détaillé est disponible en ligne sur le site de la Fondation
Concorde.
9, rue de Téhéran – 75008 Paris
Tél : 01.45.61.16.75
Fax : 01.45.61.15.19
Email : info@fondationconcorde.com
|
Le rapport INNOVATION 2010 de la Fondation Concorde
«Créons un écosystème de l’innovateur»
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Le site : FondationConcorde.com
Note de présentation au RRI :
« Les fondements théoriques d’une politique de
l’écosystème de l’innovateur »
SOMMAIRE
Premiere partie : De la stratégie de la Recherche à l’écosystème de l’innovateur
I. – La stratégie française de la recherche et de l’innovation
II. – Un changement de perspective
III. – La notion d’écosystème de l’innovateur au centre de la politique d’innovation
IV. – Les notions clés de la réforme proposée :
4 - L’écosystème de l’innovateur
Deuxieme
partie : Neuf recommandations pour créer un écosystème de l’innovateur
1. – Créer un statut de PME Innovante (PME-I) avec des critères
transparents
a – Créer un statut de PME innovante (PME-I)
b – Créer un « guichet unique PME-I » pour des aides et appuis «transparents»
c – Simplifier l’environnement réglementaire excessif des PME-I
d – Mettre les PME-I à l’abri des situations de concurrence déloyale ou d’abus de position dominante
e – Transformer l’administration en partenaire des PME-I
g – Encourager les PME-I à avoir une politique de R&D à
long terme
2. – Décupler le financement pour les entreprises innovantes
a – Un Capital-risque français pour le financement des PME-I
b – Transparence fiscale des nouvelles sociétés
c – L’ISF et autres dispositifs fiscaux
d – Business Angels (BA) : le cercle vertueux du succès
e – Une épargne populaire orientée vers l’innovation
a – La fonction de délégué local à l’innovation
4. – Créer un statut d’innovateur avec des critères transparents
a – Définition de l’innovateur
b – Maintien de la couverture sociale des innovateurs
5. – Accueillir les innovateurs étrangers
a – Créer un droit d’immigration pour les innovateurs
b – Créer un statut fiscal favorable pour les innovateurs et
l’innovation
6. – Moderniser le droit des brevets pour les innovateurs et les PME-I
a – Moderniser la propriété intellectuelle
7. – Créer une formation à l’innovation dans chaque établissement d’enseignement supérieur
a – Former les innovateurs
b – Former les futurs partenaires des innovateurs en les
préparant à accueillir l’innovation
8. – Baisser le coût de la recherche et renforcer le transfert de
technologies pour les PME-I
a – Les coûts de la recherche : transformer le CIR en CII
(Crédit d’Impôt Innovation) pour les PME-I
c – Développer la recherche coopérative
9. – Lancer un grand programme par « Quinquennat »
a – Les programmes en cours (Ariane, Airbus, TGV…)
Le
Général de Gaulle et Georges Pompidou ont lancé la politique française de
l’innovation dans les années 1960-70. Cette politique a d’abord été fondée sur
de grands projets comme les fusées Diamant puis Europa et Ariane, le Train à
Grande Vitesse, le nucléaire civil et l’Airbus. Dans les années 1980, en
l’absence de nouveaux grands projets, la politique d’innovation a évolué vers
un amalgame de programmes tels que la «filière électronique» ou Euréka. Cette
politique se transforme progressivement en une politique d’incitation
généralisée à l’innovation dans tous les secteurs : création des FCPR, d’OSÉO,
de l’ANR, des pôles d’excellence, et du statut de Jeune Entreprise Innovante
(JEI). Depuis la dernière élection présidentielle, le dispositif s’est enrichi
de la généralisation du CIR, du financement TEPA et de la Stratégie Nationale
de Recherche et d’Innovation coordonnée par le ministère de la Recherche, dont
l’objectif essentiel est d’organiser la recherche.
Malgré
tous ces efforts, les performances de l’économie française en général et celle
de l’innovation en particulier, continuent de ne pas donner satisfaction et
notre pays n’a pas encore trouvé la voie lui permettant d’améliorer ses résultats
économiques. Les classements « innovation » placent généralement la
France derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne.
Pourtant,
l’excellence du passé de la France dans l’innovation conduit à penser que
certains de nos « fondamentaux » sont sains : l’automobile et l’aviation
au début du XXème siècle, la grande distribution, l’énergie
nucléaire, la conquête spatiale, le transport à grande vitesse durant la 2ème moitié du XXème siècle, sont
autant de démonstration de nos capacités fondamentales. En d’autres termes,
nous pensons que, mis dans un environnement favorable et adapté au XXIème siècle, les Français sont susceptibles de redevenir les grands innovateurs
qu’ils furent dans le passé.
Ce rapport propose d’orienter la politique française d’innovation autour de
la fonction d’innovateur et de son environnement ou écosystème, afin de redonner à l’esprit créatif des
Français un cadre dans lequel il pourra s’épanouir
et développer les innovations de demain.
L’innovation est le moteur de notre développement
futur, comme il a été le moteur de notre richesse passée.
Les économistes s’accordent sur le fait que
l’innovation constitue l’essentiel de ce qui était autrefois appelé le
« facteur inexpliqué », soit environ la moitié de la croissance
française depuis 1945. En réalité, l’innovation étant souvent un facteur de
baisse du prix nominal, certains pensent que plus des ¾ de la croissance s’expliquent
par l’innovation.
L’innovation doit être encouragée à
tous les niveaux, depuis la plus petite amélioration – que les Japonais
dénomment Kaïzen – dont l’accumulation permet des améliorations sensibles de la
productivité, jusqu’à l’innovation de rupture qui ouvre des marchés nouveaux en
se fondant sur des idées nouvelles.
Les gagnants de
demain seront les pays qui sauront développer ces innovations, ouvrir de
nouvelles voies de développement et imaginer de nouveaux modèles techniques et
économiques.
Nous constatons
partout dans le monde que les efforts de recherche ne suffisent pas à relancer
l’innovation si l’on n’est pas capable d’exploiter économiquement cette
recherche. Or, l’innovateur est le meilleur agent de transformation des idées
de la recherche en objets économiques.
Cet innovateur peut être indépendant
ou travailler au sein d’une entreprise. Il est l’accélérateur ou le catalyseur entre les entreprises, les
administrations et les chercheurs. C’est pourquoi, nous nous efforçons de
définir et de faciliter les nouvelles relations avec son environnement que nous
appelons l’écosystème de
l’innovateur. Exemples :
·
L’administration doit devenir un partenaire de
cette innovation et donc de l’innovateur ; elle doit trouver les moyens
d’accompagner la conquête de nouveaux territoires économiques et non la
ralentir.
·
Il faut qu’il puisse exister un véritable
partenariat entre chercheur et innovateur, permettant de les associer dans la
construction du succès.
·
De même, l’inventeur en entreprise doit être mieux
reconnu et associé aux résultats de ses idées.
·
Il faut enfin que les grandes entreprises mettent
systématiquement en place des partenariats avec les PME innovantes et
saisissent leurs opportunités.
·
En retour, les innovateurs doivent être à la
hauteur des attentes du pays et c’est la raison pour laquelle il faut organiser
et encourager une formation à l’innovation.
C’est donc un projet national que propose ce
rapport, un projet de modernisation des mécanismes fondamentaux de
l’innovation.
La plupart des stratégies de l’innovation, à commencer par les préconisations
de l’OCDE (1997) et la stratégie de Lisbonne (2000), sont aujourd’hui fondées
sur la conviction de la nécessité d’augmenter la quantité de recherche pour
augmenter le volume d’innovation.
Notre analyse est que l’innovation
n’est pas le résultat mécanique de la recherche. C’est un phénomène complexe,
économique et social, parfois scientifique, aléatoire, rarement rationnel et
qui ne répond pas à une simple impulsion de « moyens ». D’ailleurs,
la communauté européenne et l’OCDE commencent à douter de leurs analyses et ont
engagé des études pour reformuler leurs politiques. L’OCDE a ainsi publié en
juin 2010 de nouvelles préconisations qui font un peu plus de place à
l’entrepreneur.
1 - La recherche fondamentale comme choix
politique
2 - Une recherche ouverte à la société et à
l’économie
3 - Une meilleure prise en compte des risques et
du besoin de sécurité
4 - L’importance des sciences sociales dans tous
les domaines
5 - La pluridisciplinarité, élément essentiel
d’une recherche moderne
Cette vision théorique ignore les mots clés de l’innovation tels que marché, entreprise, start-up ou encore
marketing et innovateur.
L’innovateur est en effet cette personne qui tranche le « nœud
gordien » de l’innovation : il définit le standard technique et le modèle
économique puis réussit les premières commercialisations. En pratique, son
activité comprend généralement : le dépôt de
brevet, la direction effective d’une entreprise innovante, ou la direction d’un
projet de développement innovant au sein d’une grande structure.
La fonction d’innovateur est
assumée par plusieurs types d’acteurs. Le plus souvent, c’est l’inventeur,
l’entrepreneur ou même le chercheur. Dans une entreprise établie, ce peut être
le président lorsqu’il s’agit de réinventer le modèle économique de
l’entreprise (exemple : Renault se lançant dans le low cost avec le rachat
de Dacia) ou encore un «simple» cadre. Selon les terminologies et les
circonstances, c’est alors un catalyseur, un « intrapreneur », un «
growth leader », un entrepreneur ou un innovateur voire un inventeur. Ce
polymorphisme explique qu’il est difficile de caractériser l’innovateur d’une
façon administrative.
L’écosystème de l’innovateur – et non de l’innovation – est constitué de
l’ensemble des conditions de vie économique de l’innovateur, notamment du financement,
des règles fiscales et sociales, et de l’ensemble des règles de comportement
qui régulent sa vie économique. Il s’agit en fait, de l’environnement – au sens
large – des acteurs de l’innovation. Il est partie prenante de l’atmosphère
entrepreneuriale décrite dans nos précédentes publications.
C’est le développement de cet écosystème qui fera de la France une société
innovante, sécrétant de l’innovation en permanence, devenant une
« éponge » pour les idées transformées ensuite en innovations.
Les objectifs concrets d’une politique d’aménagement de cet écosystème,
sont de stimuler les capacités des innovateurs. Il s’agit principalement de :
·
Créer un
statut d’entreprise innovante qui offre un cadre d’action efficace aux
entrepreneurs ;
·
Faciliter un
financement réaliste et adapté aux projets de qualité ;
·
Renforcer la
protection sociale et mettre en place un statut fiscal pour les
innovateurs ;
·
Soutenir
l’innovateur pour qu’il puisse se consacrer à l’innovation et non pas à la recherche de subvention ou à l’administration ;
·
Définir une
nouvelle relation avec l’environnement économique ;
·
Former et
informer pour améliorer la qualité des innovateurs ;
·
Définir une
nouvelle relation entre chercheurs et innovateurs pour accélérer le transfert
des idées ;
·
Créer et
structurer un élan politique national et lui donner des outils (possibilités de
grands programmes – ce qui bien sûr n’exclut pas les petites entreprises) et un
support (une administration de missions ou des structures spécialisées) ;
Concept : Une amélioration durable de l’efficacité
économique globale de la société.
Concept : L’innovateur est la personne qui définit
le modèle économique, le standard technique et réalise les premières ventes
(début du choix collectif).
-
tout
dirigeant opérationnel ou administrateur délégué d’une PME-I (inscrit au
K-bis) ;
-
toute
personne ayant participé à l’élaboration d’un brevet (nom sur le brevet déposé)
ou à son développement commercial (chef de projet d’une PME-I);
-
toute
personne ayant déposé un brevet et percevant directement ou indirectement des
revenus de ce brevet d’un montant supérieur à 50% de ses revenus globaux, ou
d’un montant de plus de 50.000€ par an.
-
toute
personne, qui bien qu’elle n’entre pas dans les catégories ci-dessus, peut y
être rattachée du fait de la qualification donnée à son activité par OSEO ou
des institutions agréées et être assimilée à un innovateur selon une
jurisprudence à établir.
Concept : Une PME-I est une PME qui réalise une
innovation.
-
société
consacrant plus de 10% de son chiffre d’affaires à la R&D (à adapter selon
le secteur d’activité).
-
société
dédiée à l’exploitation de brevets ou de procédés nouveaux d’après son objet
social si le CA est inférieur à 1 M€ ou par le fait que la majorité de son chiffre d’affaires se compose d’activités
liées à des brevets lorsque le CA dépasse 1 M€.
-
société
appréciée comme PME-I par une commission d’évaluation.
Concept : L’écosystème de l’innovateur est constitué
par l’ensemble de son environnement économique et social et des règles qui
permettent ou non à l’innovateur d’accomplir sa fonction, c’est-à-dire de
transformer les idées en produits sociaux sous la contrainte de
l’efficacité.
Neuf recommandations pour créer un écosystème de l’innovateur
Aux Etats-Unis, la PME
[1]
est l’instrument de la politique d’innovation. Elle assure une part importante
de la R&D (25% des chercheurs) et des transferts de technologies (50%). La
France doit trouver sa voie pour passer de la situation actuelle médiocre de
ses PME à un standard proche de celui des PME américaines.
La PME est aussi l’outil de l’innovateur et
l’un des principaux constituants de son écosystème. C’est
pourquoi, il faut aménager un statut de PME
Innovante (PME-I) qui puisse accueillir les initiatives de l’innovateur.
a – Créer un statut de PME innovante (PME-I)
L’idée est de créer un concept
unique, simple et accessible qui ouvre la possibilité de bénéficier de règles
spécifiques selon des critères transparents.
Il s’agirait de PME au sens
européen du terme
[2]
.
Elles seraient qualifiées d’innovantes soit parce qu’elles consacrent 10%
(chiffre à moduler selon l’activité) de leur chiffre d’affaires à de la R&D
soit parce qu’elles se consacrent essentiellement
[3]
à
l’exploitation d’un ou plusieurs brevets, soit parce qu’elles sont qualifiées
d’innovantes par une commission d’évaluation.
Ce statut de PME-I est l’une des
clés de l’ensemble des mécanismes prévus pour créer un écosystème de
l’innovateur (innovateur qui pourra dans certains cas être défini comme le
dirigeant d’une entreprise innovante).
b – Créer un « guichet unique PME-I » pour des aides et appuis «transparents»
Les aides françaises sont à la fois
trop complexes, nombreuses et imprévisibles. L’évolution du Crédit d’Impôt
Recherche montre que l’on peut passer d’un système complexe et peu efficace à
un système simple et efficace. Nous proposons de simplifier l’organisation des
aides en organisant un « guichet unique » comparable à celui de la
création d’entreprises. Il faut aussi simplifier les règles d’attribution afin
de les rendre transparentes.
·
Mise en place un
guichet unique
Création d’un guichet
administratif unique pour les aides et les formalités administratives des
PME-I.
Rattachement de ce
guichet unique auprès d’un Secrétariat d’Etat à l’innovation (voir p.40).
·
Création
systématique de conditions « transparentes » pour les aides
Créer
une commission de clarification des textes réglementaires des aides et de la
réglementation.
Tout
dispositif d’aide doit être de type « automatique » (pour au moins 70% des
aides) et transparent avec possibilité d’une régulation par l’avis d’une
commission.
c – Simplifier l’environnement réglementaire excessif des PME-I
L’excès de réglementation conduit
souvent à freiner le développement de l’innovation.
·
Révision de la
réglementation prudentielle
Mettre
en place une commission législative qui réévalue tous les dispositifs de
certification en vérifiant que les mesures de prévention et les coûts sont
ajustés aux enjeux et qu’ils n’aboutissent pas à un blocage de toute
innovation. Le cas échéant, mettre en place un dispositif réglementaire limité
pour les PME-I. La notion de responsabilité doit prévaloir sur celle de
prudence.
·
Simplification de
l’environnement réglementaire social des PME-I
Mettre en place un
système forfaitaire simple pour les charges sociales notamment, comparable dans
son esprit à celui de l’auto-entrepreneur, avec une sortie sur 3 ans
lorsqu’elles perdent la caractéristique de PME-I.
d – Mettre les PME-I à l’abri des situations de concurrence déloyale ou d’abus de position dominante
L’objectif des
mesures proposées ici est à la fois d’améliorer la justice et surtout
l’efficacité du système innovant en dissuadant les attitudes destructrices.
·
Renforcement de la
répression des actes de concurrence déloyale et des abus de position dominante lorsque la victime est une PME-I
Accentuer la répression
des actes de concurrence déloyale, de violation de brevet, d’abus de position
dominante ou d’entente de façon à leur donner un caractère dissuasif, notamment
lorsque l’intention délictueuse est caractérisée. Il s’agit par exemple, des dispositions pénales existant pour les délais de
paiement des sous-traitants, des dispositions pour les contrefaçons de brevet,
etc.
Donner
force de loi aux directives européennes en l’absence de mesure d’application.
Ces directives s’imposeraient alors aux Tribunaux en France à partir de la date
limite de mise en œuvre prévue dans la directive. Cela évitera aux
lobbies bien installés de repousser de quelques années la modernisation.
e – Transformer l’administration en partenaire des PME-I
·
Limiter la
concurrence entre les services publics et le privé
Dans certains cas, il est possible
d’appliquer un droit de commercialisation des produits du service public en
l’intégrant éventuellement dans un produit plus complexe, avec des domaines
d’application comme l’enseignement, les transports ou la formation.
·
Ouvrir les marchés
publics aux PME-I
Les
administrations françaises et les organismes publics ou parapublics ont une
puissance d’achat qu’il faut mettre au service des PME-I. Il s’agit de mettre
en place un quota d’achat du secteur public auprès des PME-I et/ou donner une «
prime » aux PME-I lorsqu’elles répondent à un appel d’offre public. Les mesures
ci-après sont proposées :
-
Tout service
d’achat des administrations doit réserver un quota de 5% aux PME-I.
-
Favoriser les
PME-I lorsque leur réponse aux appels d’offre est légèrement supérieure à celle
des concurrents (de 5 à 10%), notamment lorsque ces concurrents sont étrangers.
-
Mettre en
place un système d’assurance spécifique pour prévenir les défaillances
éventuelles des PME-I.
-
Demander à
tous les organismes publics de faire apparaître un bilan des commandes
« innovantes » par rapport à l’ensemble des autres marchés publics
signés par l’organisme.
La France n’a pas la possibilité de
décider seule des normes comptables applicables sur les marchés internationaux,
mais elle peut arrêter des mesures internes ou plaider pour de tels changements
à l’international. La prise en compte des coûts de tous les investissements
selon une règle en rapport avec l’évolution et la durée des phénomènes semble
une nécessité mal remplie aujourd’hui, notamment dans les technologies de
l’information et de la communication (TIC) où les investissements immatériels
sont encore trop peu pris en compte.
·
Modifier les règles
comptables d’immobilisation des frais de R&D
Relancer une étude sur les actifs
immatériels avec pour objectif une meilleure prise en compte comptable. La
norme IFRS-PME devrait permettre l’activation des frais de développement.
g – Encourager les PME-I à avoir une politique de R&D à long terme
·
Mettre en place une
organisation des ressources humaines qui favorise et structure l’effort de
recherche et d’innovation
Cet
effort répond à un souci déjà présent dans la politique actuelle de recherche.
Il s’agit par exemple de l’organisation d’une carrière pour les chercheurs qui
veulent évoluer à l’extérieur de la recherche.
Il existe aujourd’hui un rapport de
densité de 1 à 10 entre le volume du capital risque de la France et des
Etats-Unis. Cet écart s’explique par la faiblesse des Business Angels en France
et par la faible rentabilité de cette activité qui n’est pas autant soutenue fiscalement qu’aux Etats-Unis
[4]
.
a – Un Capital-risque français pour le financement des PME-I
Aux Etats-Unis, dès les années
1930, le président Roosevelt a lancé une action en faveur des petites
entreprises (moins de 500 salariés). Dans les années 1950, ces mesures ont été
enrichies par la création du SBA (Small Business
Administration), du SBIC (Small Business Investment Corporation), de la
transparence fiscale des nouvelles sociétés, puis dans les années 1980, du
Bayh-Dole act, du STTR et du SBIR.
Le modèle américain, dont les
succès sont patents, doit être transposé en France. Cela pourrait permettre,
par exemple, de créer un prêt d’abondement à faible taux d’intérêt du double du
montant du capital pour toute société d’investissement ou fonds exclusivement dédié aux PME-I.
·
Création d’un statut
spécial pour le capital-risque
Créer un statut
autonome du capital-risque de démarrage pour les PME-I, avec un statut fiscal
spécifique, des abondements financiers et des règles sociales spécifiques.
b – Transparence fiscale des nouvelles sociétés
La société de transparence fiscale
a été créée aux Etats-Unis en 1958 dans le cadre du SBA (Small Business Act).
Depuis lors, toutes les études menées par le Parlement américain pour évaluer
ce dispositif ont conduit à une évaluation positive et
à son maintien.
En 2007, dans le cadre de la Loi
TEPA, un dispositif comparable à été adopté par le Parlement français, mais les
décrets d’application ne sont pas sortis.
·
Publier les décrets
d’applications de la société de transparence fiscale (Loi TEPA) (ou annoncer que la loi est applicable en l’état)
c – L’ISF et autres dispositifs fiscaux
·
Accorder aux
investissements dans les PME-I un statut fiscal comparable aux œuvres d’art
Exonérer d’ISF les
actions (les obligations, les avances diverses stables) des sociétés ayant le
statut de PME-I. Cette caractéristique demeurant pendant 10 ans après la fin du
statut pour les actionnaires conservant leurs actions.
Exonération
des impôts sur les plus-values pour les personnes qui s’engagent à réinvestir
75% de n’importe quelle plus-value mobilière ou immobilière dans un délai de 5
ans dans des PME-I. Dans l’attente de cet investissement, la somme sera bloquée
sur un compte courant du type « épargne innovation ».
d – Business Angels (BA) : le cercle vertueux du succès
Les business angels (BA) constituent une catégorie à part car ils
mélangent expérience opérationnelle et capacité d’investissement. La France a
peu de BA car l’innovation par des nouveaux entrepreneurs a été insuffisante
dans le passé récent.
·
Créer un statut
social et fiscal « compréhensible » pour les Business Angels (BA)
Réduire
l’instruction fiscale sur les sociétés de capital-risque (SCR) à moins de 20
pages pour en permettre un usage simple par les Business Angels, y compris pour
une SCR unipersonnelle et pour l’investissement dans
leurs propres affaires comme c’est le cas pour la Loi TEPA. Globalement, cela
conduit à la suppression de la limitation de 30% de détention pour les petites
SCR de moins de 30 M€.
e – Une épargne populaire orientée vers l’innovation
Le financement de l’innovation
étant insuffisant, il faut drainer une large épargne populaire vers
l’innovation.
·
Création d’une
épargne dédiée à l’innovation
Il faut naturellement que cette
épargne bénéficie d’un « coup de pouce » comparable aux investisseurs dans les
FCPR. A partir des supports actuels de l’épargne populaire, on pourrait retenir
trois produits : un Plan d’Épargne Innovation, un Livret d’Épargne
Innovation et un contrat d’assurance-vie innovation.
L’objectif est ici de donner une
dimension locale à la politique nationale d’encouragement de l’innovation. Si la
réglementation est nationale, c’est en effet au niveau local que doivent
s’ouvrir les portes, se résoudre les conflits et s’ancrer l’innovateur, sans
perdre de vue la nécessité d’une visibilité « mondiale ». Si le cadre
des pôles de compétitivité peut sembler attrayant, la réalité économique se
situe dans ce qu’on appelle les « territoires performants »
[5]
susceptibles de donner un cadre concret au délégué local à l’innovation.
a – La fonction de délégué local à l’innovation :
Le délégué local à l’innovation est chargé d’animer le processus d’innovation et de
faciliter la fonction d’innovateur dans son écosystème. Il a une triple fonction
de catalyseur, de facilitateur et de régulateur. Il pourrait reprendre
certaines fonctions assurées aujourd’hui dans le cadre des pôles de
compétitivité ou des administrations territoriales.
·
Création d’une
fonction de Délégué local à l’innovation
Chaque délégué, assisté d’une
équipe légère, doit devenir l’animateur local de l’écosystème. L’ensemble des délégués
assurent le suivi local de la politique et mettent en place les systèmes
d’évaluation ;
La désignation de ces délégués –
coordinateurs et médiateurs – doit combiner une
approbation centrale (pour assurer la cohérence de la démarche nationale
d’innovation) et un accord local (pour assurer l’ancrage local de son
activité), selon une procédure de présélection de trois candidats localement et
paritairement par les « territoires performants », puis décision du
secrétaire d’Etat. La durée du mandat pourrait être de trois ans.
b – Les territoires et les réseaux mondiaux de l’innovateur
Enracinés dans une région où ils
ont été « accueillis » (Microsoft est encore située à Seattle, lieu de
résidence du jeune Bill Gates, l’entreprise Michelin est encore largement
présente à Clermont Ferrand, Peugeot dans la région de Sochaux, etc.), les
innovateurs doivent aussi rester connectés sur le monde. C’est une clé de leur
créativité et de leur capacité à innover. L’environnement immédiat est
naturellement primordial mais, il ne faut pas
pour autant négliger le contact avec d’autres territoires aux activités
correspondantes.
·
Aider l’innovateur à
tisser une « toile mondiale »
Par exemple, soutenir
l’organisation systématique de colloques et forums internationaux sur les
thèmes de spécialisations du territoire performant.
c – Les territoires performants
Il
reviendra au délégué local à l’innovation de lancer des actions d’animation
comme par exemple l’utilisation des groupes d’entrepreneurs (méthode SHERPA)
[6]
pour développer l’innovation.
Le
délégué à l’innovation devra s’installer dans ce que nous appelons le
« centre de compétences totales », cellule de coordination des
stratégies et des programmes de stimulation des tissus économiques directement
liés aux entrepreneurs.
La France est une société où la
peur du déclassement et le refus du risque constituent la source d’un
conservatisme social, sinon d’un véritable blocage. Le statut de l’innovateur
est une façon de créer un «amortisseur» de risque ressenti. Nous proposons de
mettre en place quelques amortisseurs sociaux et psychologiques tels que
la préservation des droits sociaux (assurance maladie, mutuelle, assurance
chômage, droits à la retraite) de façon à ne pas
décourager les managers expérimentés des grandes entreprises à devenir des
innovateurs.
L’ensemble de ce dispositif est
assez semblable à la « portabilité des droits
[7]
» négociée
actuellement par les partenaires sociaux.
a – Définition de l’innovateur
Le préalable requis est une
définition administrative claire de l’innovateur pour pouvoir lui définir un statut.
·
Donner une
définition administrative de l’innovateur
Nous proposons de considérer comme
innovateur :
-
tout
dirigeant opérationnel ou administrateur délégué d’une PME-I (inscrit au K-bis) ou membre d’un conseil exécutif dans le cas d’une SAS
ou d’une société à conseil de surveillance d’une PME-I ;
-
toute
personne ayant participé à l’élaboration d’un brevet (nom sur le brevet déposé)
ou à son développement commercial (chef de projet nommé officiellement par
un conseil exécutif d’une société innovante ou non);
-
toute
personne ayant déposé un brevet et percevant directement ou indirectement des revenus
de ce brevet ; d’un montant supérieur à 50% de ses revenus globaux, ou
d’un montant de plus de 50.000 Euros par an.
-
toute
personne dont la qualification d’innovateur serait accordée par une (des)
institution(s) agrée(s), selon une jurisprudence transparente à établir.
b – Maintien de la couverture sociale des innovateurs
L’objectif est de réduire la
perception du risque que prendra l’innovateur de façon à ne pas rebuter les
nouveaux innovateurs qui subissent la pression de leur environnement familial
et social.
·
Maintenir la
couverture sociale des innovateurs à son niveau antérieur.
Droit
à un maintien de la couverture sociale pendant 10 ans, après le départ d’un
organisme privé ou public pour créer une PME-I ou y participer. (notion de portabilité)
·
Maintenir
l’assurance chômage des innovateurs à son niveau antérieur.
Maintien
pendant une période de 10 ans des droits ASSEDIC au niveau antérieur au statut
d’innovateur.
·
Créer un système de retraite
pour les innovateurs
Maintien
pendant 10 ans du rythme d’acquisition de points de retraite au niveau antérieur au statut d’innovateur.
·
Aménager le congé
pour création d’entreprise
Prolongation de la
durée du congé à 3 ans (congé plein) et à 5 ans (temps partiel).
La France est (ou était) capable
d’accueillir les plus grands talents artistiques aux XIXe et XXe siècles ; elle doit, désormais, être capable d’attirer les plus entreprenants
et les plus imaginatifs des hommes qui viendront s’y enrichir en même temps
qu’ils nous enrichiront (à l’instar de ce que font les Etats-Unis depuis deux
siècles, et aujourd’hui avec, par exemple, le « visa-entrepreneur »).
La France doit organiser sa
politique sur ce plan.
a – Créer un droit d’immigration pour les innovateurs
·
Droit d’immigration
pour les innovateurs
Cette
possibilité devra être donnée aux innovateurs détenteurs d’un brevet européen
ou porteurs d’un projet ayant trouvé un financement en France à hauteur de
250.000 € (dont 100.000 € par un professionnel tel que FCPR / FCPI ou SCR).
·
Développement des
bourses (CIFRE par exemple) et extension aux étrangers
Extension des
bourses pour la recherche et ouverture aux chercheurs étrangers sélectionnés
pour la qualité de leurs travaux.
b – Créer un statut fiscal favorable pour les innovateurs et l’innovation
Il y a deux types de mesures : les
mesures de protection et les mesures de réduction d’impôts dans le cadre d’un
statut fiscal réservé aux innovateurs avec pour objectif
de les attirer sur le territoire français.
·
Création d’un
guichet fiscal spécial
Dans
chaque territoire, un guichet spécial (i.e. un
conseiller spécial) traitera de l’ensemble de la fiscalité de chaque
innovateur, afin de protéger l’innovateur contre les excès de la réglementation
et l’application des règles fiscales décourageantes. Il sera placé sous
l’autorité conjointe des services fiscaux et des services du Secrétaire d’État
à l’innovation et pourra
être coordonné avec le « guichet unique » pour les aides (voir
recommandation 1-b).
·
Créer des
exonérations fiscales pour attirer les innovateurs ayant déjà réussi
Exonération
fiscale totale et non plafonnée des revenus (directs ou indirects) tirés des
brevets par les personnes physiques résidentes en France.
Exonération
de l’impôt sur les plus-values mobilières et
immobilières sous réserve de réinvestir 75% de la plus-value dans un délai de 5
ans dans des PME-I.
L’innovation n’est pas uniquement High Tech et il existe de nombreux
contre-exemple au modèle « R&D ». Pour autant, il ne faut pas
imaginer que l’on puisse faire une politique d’innovation sans un très bon
niveau de recherche et une excellente relation entre les chercheurs et les
innovateurs. Il s’agit ici de jeter les bases d’un véritable partenariat entre
ces deux milieux. Les chercheurs doivent être valorisés par le succès de
l’innovateur puisque leurs fonctions sont complémentaires. Le droit des brevets
doit évoluer dans ce sens.
a – Moderniser la propriété intellectuelle
Aujourd’hui, pour une personne
physique, la durée réelle d’un brevet est de 10
ans car à partir de la 11ème année, la redevance à payer augmente très
rapidement et l’empêche de poursuivre la défense de ses droits.
Nous proposons de prolonger
largement la durée « réelle » des brevets détenus par des personnes
physiques ou des PME-I, de façon à décourager les pratiques visant à attendre
la lassitude des innovateurs. C’est une manière de rétablir l’égalité des
chances entre des entreprises disposant de moyens financiers importants et des
entrepreneurs sans grand moyen.
·
Renforcement de la
protection de la propriété intellectuelle pour les PME-I (et les innovateurs).
-
Allongement à
30 ans de la durée des brevets détenus par des personnes physiques ou des PME-I.
-
Ajustement
des coûts de maintien annuel des brevets après 10 ans au
niveau moyen actuel des 10 premières années.
·
Elargir la
brevetabilité aux programmes, processus, modèles économiques etc. (comme cela
se fait dans d’autres pays hors Union Européenne) de façon à mieux protéger nos
innovateurs et nos entreprises.
Cette
possibilité d’étendre la brevetabilité au niveau le plus favorable pour les
inventeurs, comme c’est le cas aux Etats-Unis, est très importante pour aider
l’innovateur à se défendre contre la concurrence déloyale.
·
Création de holding
« brevet »
Création de
holdings de brevets et de marques avec une exonération fiscale à 80% sur le
modèle du Luxembourg.
b – Fonder un partenariat chercheur – innovateur
Le cœur de l’efficacité de notre
politique d’innovation est le partenariat entre l’innovateur et l’inventeur, dont
le principal moteur est le brevet. En effet, le brevet permet de partager une
partie des bénéfices de l’innovation. C’est pourquoi l’association entre
inventeurs et innovateurs (y compris les employés des sociétés) doit se fonder
sur le brevet.
·
Les chercheurs
doivent percevoir des royalties sur les brevets
-
Dans une
entreprise, les inventeurs doivent être rémunérés sur l’exploitation des
brevets auxquels ils ont contribué.
-
Les
innovateurs associés (chefs de projet, etc.) doivent aussi pouvoir percevoir
des royalties. Cela sera d’autant plus facile qu’on aura étendu la
brevetabilité aux processus, modèles économiques, etc.
-
Dans une
grande société, l’ensemble des royalties ainsi versées aux individus doivent
représenter environ 10% des royalties globales, soit environ 0,1 à 0,5% du
chiffre d’affaires généré.
-
Les
chercheurs publics doivent avoir un droit systématique sur les brevets déposés
à partir de leurs travaux et si aucun brevet n’est déposé dans un délai de 6
mois à 1 an, ils doivent pouvoir le faire eux-mêmes, éventuellement en
coopération avec des entreprises
[8]
.
-
Si les
brevets déposés par des institutions publiques (Universités, Ecoles, CNRS, CEA,
etc.) ne sont pas exploités dans un délai de 6 mois à 1 an, il faut que le
« marché » de ces brevets soit ouvert et que d’autres organismes y
aient accès. C’est une des dispositions essentielles du Bayh-Dole act.
·
Les entreprises
innovantes doivent rémunérer largement les brevets.
Le taux de
rémunération des personnes privées ci-dessus pourrait être porté de 10 à 25,
voire 50% dans les PME-I. (pourcentage de la redevance des brevets reversés aux
inventeurs, soit environ 0,25 à 2,5% du CA).
Une meilleure connaissance de
l’innovation, de son processus, de ses mécanismes, de ses enjeux, constitue le
fondement de toute politique de développement de l’innovation à long terme.
Cette connaissance doit aussi être diffusée pour être utilisée le plus
rapidement possible : comprendre et former constituent les fondements
opérationnels de cette politique.
·
Créer un centre «
pilote » de recherche et de formation sur l’innovation
Confier
cette mission à une école du type CNAM ou à un réseau d’écoles comme les Ecoles
Centrales, les Instituts Télécom ou les ENSI.
Il
s’agit de créer un centre d’excellence dans le domaine de la recherche et de
l’enseignement de l’innovation, comparable à la Fondation Kauffman aux
Etats-Unis, de façon à alimenter l’ensemble du corps enseignant en théories et
pratiques de la formation à l’innovation.
·
Développer la
formation « innovateur » dans l’enseignement supérieur
Organiser la création de filières
"innovateur" (ou entrepreneur) dans les établissements d'enseignement
supérieur, en commençant par les établissements à vocation technique et
commerciale, mais en laissant la porte ouverte aux enseignements plus
théoriques comme les maths ou la physique.
L’objectif est qu’environ 1% des
étudiants suivent cet enseignement et débouchent sur des carrières
d’entrepreneurs précoces sans écarter ceux qui ont vocation à être «
intrapreneur ».
b – Former les futurs partenaires des innovateurs en les préparant à accueillir l’innovation
Il faut créer une formation
culturelle minimale à l'innovation, principalement historique et économique,
pour la quasi-totalité des enseignements supérieurs, voire pour les classes de
terminale. L’objectif est de préparer les cadres de la nation à accueillir et
favoriser l’innovation.
·
Une UV
innovation dans tous les BAC+5
Créer
des postes de professeur d’histoire, d’économie, de sociologie de l’innovation.
Modifier les programmes d’agrégation et de Capes en conséquence.
·
Une initiation à
l’innovation dans les lycées
Une initiation à
l’innovation dans les programmes du secondaire permettrait d’apporter à
l’ensemble de la société une culture générale favorable à innovation.
Il s’agit de susciter des
études et travaux sur l'histoire, la sociologie et l'économie de l'innovation,
bien au-delà de ce qui est fait aujourd’hui.
·
Développer la
recherche historique, économique et sociologique sur l’innovation
-
Créer des
postes de professeur pour enseigner la nature, le processus et l’intérêt de
l’innovation.
-
Encourager la
création de laboratoires dans les universités et les grandes écoles et créer
des diplômes et un doctorat de l’innovation.
La qualité de sa recherche est l’un
des principaux atouts de l’Europe et notamment de la France, même si elle ne
constitue qu’un des ingrédients de l’innovation.
L’abaissement du coût de la R&D
est un moyen sûr de développement des PME-I. L’État français a une longue
expérience de l’abaissement sectoriel des coûts, malheureusement appliqué
uniquement aux secteurs en difficulté. Nous proposons que cette expérience soit
mise au profit de l’innovation. Enfin, nous rappelons ici que la rapidité et
l’efficacité de ce qu’on appelle aujourd’hui le transfert de technologies est
la clé du succès. L’innovateur en est l’acteur le plus efficace et il faut lui
donner les moyens d’avoir rapidement l’information mais aussi de pouvoir
l’utiliser.
a – Les coûts de la recherche : transformer le CIR en CII (Crédit d’Impôt Innovation) pour les PME-I
Depuis le 1er janvier 2008, le
crédit impôt recherche consiste en un crédit d'impôt de 30 % des dépenses de
R&D jusqu'à 100 millions d'euros et 5% au-delà de ce montant.
Les entreprises entrant pour la
première fois dans le dispositif bénéficient d'un taux de 50 % la première
année puis de 40 % la deuxième année. C’est un mécanisme excellent qui doit être encore amélioré.
·
Elargir le CIR, le
simplifier pour les PME-I tout en le limitant pour les grandes entreprises
Le CIR doit être élargi et facilité
pour les PME-I
[9]
,
notamment pour les dépenses de développement, voire de marketing. Dans tous les
cas, il doit être réservé aux entreprises pour leurs activités de R&D
françaises, c’est-à-dire valorisées en France sous forme d’innovation française.
Le CIR devrait aussi être augmenté
pour les PME-I à 50% de la dépense annuelle de recherche dont le montant est
par nature limité (par la taille).
Le financement de cette mesure par
rapport au niveau actuel de coût est possible par le plafonnement du CIR pour
les grandes entreprises.
b – Coûts des transferts de technologie – vers un « Bayh-Dole act » français pour les PME-Innovantes
Les PPP (partenariat public-privé)
dans le domaine de l’innovation doivent être développés au-delà de ce qui est
envisagé aujourd’hui. Il faut reprendre le modèle de la Loi Bayh-Dole des
Etats-Unis et les conclusions de leurs 30 ans d’expérience.
·
Inciter au
développement des transferts de technologies et des partenariats
Faire une Loi du type Bayh-Dole Act
pour encourager, sinon forcer, à l’utilisation pratique des savoirs.
Par exemple : mise en place
d’une législation incitant les centres de recherche dépendant de l’État ou
d’une administration française, à commercialiser leurs brevets faute de quoi le
brevet pourrait être utilisé par d’autres laboratoires ou entreprises (tout en
restant la propriété de l’État), c’est le principe de la licence obligatoire
qui peut aussi être étendu à la cession totale obligatoire du brevet.
·
Poursuivre l’effort
d’organisation nationale de la recherche dans le cadre de la SNRI
Ouvrir
systématiquement aux industriels et assurer une présence active du Secrétariat
d’Etat à l’innovation dans l’élaboration de cette stratégie.
c – Développer la recherche coopérative
·
Soutien des centres
de recherche coopérative, tels que les centres techniques industriels (CTI)
[10]
dans les secteurs où cela existe ou les Instituts Carnot, en doublant les
crédits à la recherche coopérative.
La recherche
coopérative (du type CTI) est un succès confirmé en Europe, notamment en
Allemagne et en Grande Bretagne. C’est un mode de transfert de technologie qui
convient parfaitement à certains secteurs et qui doit être plus encouragé et
développé.
Un Etat leader ne se contente pas d’édicter des règles, il montre aussi
l’exemple, tant en interne qu’au monde extérieur. Les grands programmes sont
d’autant plus nécessaires que, dans certains domaines, la rentabilité lointaine
ou diffuse, empêche le secteur privé de s’y lancer. Il en était ainsi de la
conquête spatiale par exemple. C’est au président de la République d’engager un
tel programme. L’ensemble peut être organisé dans le cadre d’une Loi organique.
a – Les programmes en cours (Ariane, Airbus, TGV…)
L’essentiel de la politique d’innovation de la France a longtemps été
constitué de ces grands programmes. Jamais aucun d’entre eux n’a été abandonné,
quelle que soit les majorités politiques. Il y a là une remarquable continuité
politique qui pourrait être le fondement d’un accord général sur la politique
d’innovation. Aujourd’hui, ces projets sont généralement organisés en commun
avec des partenaires européens. Ce sont :
- Le transport aérien (Airbus)
- La conquête spatiale (Ariane)
- La
défense (A400M - Chars, missiles - chasseurs ; avec dans ce domaine, quelques
hésitations)
- Le transport à grande vitesse (TGV)
- Le
nucléaire civil, avec un problème de coordination entre les constructeurs et
les opérateurs.
A côté de ces succès, et pour être objectif, il ne faut pas oublier les
échecs qu’ont été les plans « calcul » ou
« machines-outils » qui montrent que les choix doivent être
longuement pesés.
b – Lancer un programme par quinquennat
Certains présidents français ont, par le passé, tenté de trouver des
successeurs à ces grands programmes. Sans grand succès. Dans les prochaines
années, il faudra définir un ou plusieurs grands programmes en combinant trois
éléments : une avancée technique, un marché porteur et une cible
clairement identifiée.
Ce Grand programme innovant, sera développé dans
un cadre institutionnel, avec éventuellement un vote par le Parlement.
c – Des thèmes pour l’avenir : Connaissance, Nanotechnologies, Biotechnologies, Écologie, Océans.
Il ne s’agit pas ici de définir les grands programmes de demain, mais
simplement de balayer l’ensemble des possibilités nouvelles qui peuvent être
envisagées.
Le choix du grand programme fera intervenir des grands organismes chargés
de le développer et de le mettre en œuvre, et sera éclairé par des analyses
complètes comme ce fut le cas dans les années 1970 lors du lancement du TGV, de
l’Airbus ou de la fusée Ariane.
·
Mettre en place une
procédure de prospective et d’évaluation permanentes des grands
programmes pour préparer la décision du président de la République
Dans la loi organique, prévoir la procédure d’instruction de la décision du
grand programme. La mission de suivi, de coordination et d’évaluation des
programmes nationaux d’innovation, ainsi que le suivi des programmes européens
pourra être confiée au Secrétariat d’Etat en charge de l’Innovation (voir p.40).
Face à un monde nouveau
caractérisé par une concurrence accrue avec les pays émergents, la France doit
retrouver une « atmosphère » propice à l’innovation. Il faut en
définir les points d’appui. C’est le sens de ce rapport et des neuf
propositions qui y sont présentées. Mais, il ne faudrait pas s’arrêter à cette
étape. Par la suite, nous devrons sans cesse réinventer les points d’appuis de
cette politique et maintenir en permanence ce défi au cœur du débat public. Ce
sera l’une des missions du Secrétaire d’Etat à l’innovation, dont nous
proposons de créer le poste auprès du Premier ministre, qui, tout en mettant en
place une coordination avec l’Europe, devra organiser et élargir la réflexion
nationale sur l’innovation en partenariat avec toutes les institutions
scientifiques, éducatives et politiques.
La création d’un écosystème
de l’innovateur c’est jeter les bases d’un véritable et permanent « milieu
innovant » en France, apte à s’organiser de façon à améliorer notre
performance globale.
Cette première démarche opérationnelle
que représente la création d’un écosystème, doit permettre en priorité aux
innovateurs de trouver immédiatement leur place
au sein de la société française.
Les exemples de la Suède et
des Etats-Unis montrent que l’on peut donner une place à l’innovateur dans des
sociétés socialement assez différentes. La France doit donc élaborer ses
propres solutions.
Les différentes
préconisations proposées dans ce fascicule peuvent rapidement être décidées et
appliquées, sans dépenses nouvelles.
Précédentes parutions de Nouvelles
Visions éditées
par la Fondation Concorde
En 2001,
Janvier : La
Mondialisation – Un monde nouveau, une chance pour l’avenir.
Avril : L’Administration
du nouveau siècle – Les nécessaires réformes.
Mai : L’Environnement,
nouvelle frontière politique.
Juin : Une
fiscalité pour une France ouverte – Moins d’impôts pour chaque Français.
Octobre : Revitaliser
l’économie d’en-bas – Décentraliser l’initiative, libérer les énergies.
Novembre : Pour
un ministère du développement durable – Contribution d’un groupe du Corps des
mines pour la réforme de l’Etat.
En 2002,
Janvier : Mobiliser
la société civile – Fondations et associations au service de l’intérêt général.
Février : Définir
une stratégie de défense et de sécurité après le 11 septembre 2001.
Mars : EDF :
libérer l’énergie, garantir l’avenir. (1ère édition)
Juin : EDF :
libérer l’énergie, garantir l’avenir. (2ème édition)
Octobre : Caisse
des Dépôts et Consignations – Repenser le rôle de l'établissement et sa place
dans le secteur financier public.
Novembre : Retour
à la compétitivité ou régression sociale.
En 2003,
Janvier : L’emploi
et le travail en France – L’impact des 35 heures.
Avril : Renforcer
les petites industries – Organiser les réseaux de proximité et revitaliser
l’économie d’en bas.
Juillet : Débat
public sur l'énergie : libérer l’énergie – Eléments de réflexion sur une
nouvelle fusion EDF / GDF.
Novembre : Français
et Américains : l'autre rive.
En 2004,
Janvier : Propositions
d'actions régionales pour l'emploi et le dynamisme des territoires (1er fascicule).
Février : Propositions
d'actions régionales pour l'emploi et le dynamisme des territoires (2ème fascicule).
Juillet : Libérons
les fondations – Pour créer des emplois et mieux servir l’intérêt général.
Novembre : L’emploi
en France a besoin d’entrepreneurs et de capitaux français – l’ISF en question.
En 2005,
Avril : Baromètre
de la confiance.
Mai : Renforçons
nos tissus économiques pour faire face à la mondialisation – Sécurisons les
salariés les plus exposés.
Juin : Politique
énergétique de la France à horizon 2050.Un atout au service du développement
durable.
Octobre : Santé
et environnement.
Novembre : Lutte
contre le chômage – Pourquoi il faut baisser les impôts en France !
En 2006,
Mars : Baromètre
de la confiance.
Mai : Enraciner
l’enseignement supérieur dans la société de la connaissance. Dix mesures pour
transformer l’enseignement supérieur en cinq ans.
Juin : Nous ne paierons pas vos dettes, comment s’en
sortir ?
Octobre : Pour
une société de la connaissance. Réussir l'université du XXIème siècle.
Novembre : La mondialisation, notre nouveau monde.
En 2007 - 2008,
Avril 2007: 2002-2007, remettre
la France sur le bon chemin
Mai 2007 : Politique
industrielle de défense, quelles pistes pour une refondation
Septembre 2007 : Quelques pistes
pour réduire la dépense publique – Pour un grand audit de l’Etat
Mars 2008 : Le nucléaire du
futur, un atout de développement durable
Juin 2008 : Un effort national
pour défendre nos petites et moyennes industries
Novembre 2008 : Crise financière : sauvons le capitalisme productif des excès
du capitalisme financier
En 2008 - 2009,
Mars 2008 : Le nucléaire du futur, un atout de développement
durable
Juin 2008 : Un
effort national pour défendre nos petites et moyennes industries
Novembre 2008 : Crise financière : sauvons le capitalisme
productif des excès du capitalisme financier
Février 2009 : La
Santé au travail – 2009 : enfin une vraie réforme
Juin 2009 : Réduction
de la dépense publique – Plaidoyer pour une nouvelle politique des transports
En 2010
Juin 2010 : Les
territoires, les entreprises et l’emploi