Si l'on recherche dans l'histoire de l'innovation quelques enseignements pour l'avenir, il apparaît 3 grandes règles :
1 - L'innovation n'est pas un phénomène normal : le premier enseignement de l'histoire longue est que l'innovation n'est pas une donnée fondamentale de toutes les sociétés et qu'elle peut disparaître : le premier objectif d'une politique d'innovation est naturellement de favoriser l'existence de l'innovation en réduisant systématiquement les obstacles que la société, l'administration, les organisations et hiérarchies en place dressent devant l'innovation et singulièrement l'innovateur dont il faut reconnaître le rôle particulier.
2 - L'innovation a des effets durables : en 1914, la France avait le leadership industriel dans deux des innovations majeures du XX° siècle qui allaient devenir deux grandes activités innovantes : l'aviation et la voiture. Un siècle plus tard, la France continue d'être un acteur majeur de ces deux domaines. Ce n'est pas un simple hasard mais l'effet cumulé d'un siècle d'efforts après un bon départ. Encore faut-il qu'il y ait un départ !
3 - Le rattrapage est possible : la grande leçon du XX° siècle est qu'il est possible de rattraper et de dépasser les grands pays innovateurs que sont les Européens de la fin du XIX° siècle. Il existe donc un moyen de devenir plus innovateur et les USA ont montré le chemin.
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L'innovation étant ce phénomène complexe comportant des modifications économiques et sociales, sinon politiques, l'Etat est nécessairement impliqué dans ce processus pour trois raisons :
1 - l'innovateur vit dans un environnement politique et social défini par l'Etat ;
2 - l'innovateur rencontre l'Etat en permanence par le jeu des commandes publiques ;
3 - l'Etat ne peut se désintéresser de ce phénomène qui est la source fondamentale de la richesse future comme le rappelle l'anecdote ci-dessus.
Nous européens, et plus particulièrement nous Français, nous ne pouvons imaginer un État qui ne fasse rien face à une question d'aussi grande importance, notamment dans le domaine de la recherche, illusoirement associé à l'innovation, car nous sommes habitués à voir un État omnipotent depuis le XVII° siècle. La tradition d'interventionnisme de l'Etat français et la vision gaullienne du rôle de l'Etat ont conduit à mettre en place une politique nationale d'innovation entre 1958 et 1975, approximativement prolongée depuis. En réalité, l'analyse gaullienne détaillée dans le livre « De Gaulle & la technologie », comme celle de son successeur direct, Georges Pompidou, est claire : c'est la faiblesse du secteur privé qui les conduit à lancer quelques grands projets nationaux ou européens dans des domaines précis afin d'entraîner l'économie dans son ensemble : Airbus, électricité nucléaire et TGV en sont des exemples brillants. Le minitel fut moins réussi. En d'autres termes, puisque les entrepreneurs privés étaient défaillants, il fallait que les dirigeants politiques fussent de grands innovateurs.
Mais ce type d'action, s'il doit perdurer dans certains cas, n'est plus adaptée au monde moderne dans lequel l'innovation est trop diffuse et généralisée pour être centralisée . C'est un modèle qui convient mieux au nucléaire qu'à l'informatique ou au Web. Le développement d'une économie de marché généralisée et la mondialisation qui l'accompagne rendent obsolètes les politiques trop centralisées. Il faut encore rappeler les échecs cuisants des pays à économie centralisée qui démontre sans appel l'impossibilité de diriger globalement l'innovation. Mais il ne faut pas oublier non plus, les grands programmes américains tels que la conquête de la Lune ou la guerre des étoiles ; ou les programmes franco-européens nucléaires ou dans le domaine du transport (Airbus, TGV).
PLAN
1 - Orientation générale
1 - Point de départ : des rapports sans consensus et des mécanismes pervertis - 2 - Orientation : étendre la prédominance de l'économie.
2 - Placer l'innovateur au centre
1 - Caractériser l'innovateur - 2 - Le statut économique et social de l'innovateur-entrepreneur - 3 - Intégrer socialement les innovateurs.
3 - Créer un environnement favorable
1- Créer une ambiance innovatrice - -2 - Stimuler les PME par des règles et des financements : SBA - SBIC - SBIR - 3 - Accroître la rapidité de l'innovation.
4 - Commandes publiques & grands projets
1 - La commande publique - 2 - Les grands programmes